Blog recensé sur les blogs de la France d'après. Commentaires sur l'actualité politique. Invitations d'hommes et de femmes politiques proches de mes idées par les différents médias.
DIFFICILE de prêter valeur de test national à la législative partielle qui aura lieu dimanche dans les Alpes-Maritimes. Dans ce fief de droite, Christian Estrosi, élu maire de Nice en mars, espère retrouver au premier tour son siège de député de la 5e circonscription du département, qu'il détient presque sans interruption depuis 1988 et qu'il avait quitté en entrant au gouvernement.
Âgé de 52 ans, ce Niçois d'origine, cinq fois champion de France de moto dans les années 1970 est un sarkozyste de la première heure. Secrétaire d'État à l'outre-mer depuis mai 2007, Estrosi avait dû affronter un premier tour des municipales moins facile que prévu et marqué par le score honorable du maire sortant, Jacques Peyrat. Il avait alors promis aux Niçois de quitter le gouvernement en cas de victoire à la mairie. Estrosi a tenu parole et son suppléant à l'Assemblée a démissionné à son tour pour lui permettre de retrouver son siège de député.
Élu dès le premier tour lors des législatives de juin il avait obtenu 60,08 % il n'est pas sûr de réitérer l'exploit. Le candidat socialiste, Paul Culturello, espère tirer profit de la chute de popularité du chef de l'État. Ghislain Gianno, syndicaliste soutenu par le PC, fustige « la soif de pouvoir » d'Estrosi, qui préside la communauté d'agglomération Nice-Côte d'Azur et, pour encore quelques mois, le conseil général. Axel Hvidsten, s'efforce de convaincre des vertus de « l'écologie indépendante ». Le candidat du Front national, Bruno Ligonie, veut croire au « retour de ses électeurs qui avaient été abusés par Sarkozy. Et un ancien membre du mouvement d'extrême droite Les Identitaires, Pierre-Antoine Plaquevent, se présente en indépendant.
Mais plus que ses concurrents, c'est l'abstention qu'Estrosi redoute. Un candidat qui obtient la majorité absolue des voix au premier tour ne peut être élu que si 25 % des inscrits se sont rendus aux urnes. Et cette condition pourrait n'être pas remplie. Lors de ses réunions publiques aux quatre coins de cette circonscription très vaste, qui englobe l'essentiel de l'arrière-pays niçois et quelques cantons de la ville, Estrosi ne cesse donc d'appeler à la « mobilisation ». Et, en réponse aux critiques, il rappelle qu'il démissionnera de la présidence du conseil général « dès que la justice aura débouté ceux qui contestent mon élection à la mairie de Nice ».
Estrosi espère que son retour au Palais Bourbon sera le prélude à un rôle national plus affirmé. En juin dernier, à la demande pressante de Sarkozy, il avait renoncé à contrecœur à briguer la présidence du groupe UMP à l'Assemblée. Et, depuis son départ du gouvernement, il tonne contre la direction actuelle du parti. Jusqu'à réclamer à cor et à cri « une désignation par les militants de tous les responsables de l'UMP ».