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Le gouvernement d'Ehoud Olmert a accepté le texte avec 24 voix sur 25, douze heures après que Kofi Annan a annoncé un accord israélo-libanais visant à arrêter les combats à compter de lundi à 7 heures (heure française). En attendant, sur le front, l’armée israélienne continue son offensive pour prendre le contrôle d’une grande partie du Liban-Sud.
Unanimité, moins une voix. C'est le résultat du vote par lequel le gouvernement israélien a accepté le cessez-le-feu onusien. 24 suffrages en faveur d'un arrêt des combats lundi à 7h (heure française), et une abstention. Celle de l'ancien ministre de la Défense et actuel ministre des Transports Shaul Mofaz. Selon une source anonyme, la discussion au conseil des ministres a été vive et le ministre Ofir Pines-Paz a vivement critiqué la décision du gouvernement d'amplifier son offensive terrestre quelques heures avant l'entrée en application du cessez-le-feu.
Annan artisan de l'accord
Quelques heures auparavant, dans la nuit de samedi, Kofi Annan avait annoncé que les deux voisins étaient parvenu à un terrain d’entente pour faire taire leurs armes, et ce, à compter de lundi matin. «Je suis très heureux d'annoncer que les chefs de gouvernement israélien et libanais sont tombés d'accord pour que la cessation des hostilités et l'arrêt des combats entrent en vigueur le 14 août à 5h GMT (soit 7 heures, heure française) », déclarait alors le secrétaire général de l'Onu, dans un communiqué.
Cette annonce fait suite à l'adoption, la veille, d'une résolution en ce sens du Conseil de sécurité, immédiatement suivie du lancement de la vaste offensive terrestre promise par les Israéliens pour chasser le Hezbollah au nord du fleuve Litani, à une vingtaine de km de la frontière israélo-libanaise.
Kofi Annan a précisé qu'il préfèrerait que les combats cessent immédiatement afin de «sauver des vies civiles et épargner les souffrances endurées par la population civile dans les deux camps». Le leader des Nations unies a assuré les deux parties que la Force des Nations unies œuvrerait sur le terrain avec eux pour surveiller le bon respect du texte adopté vendredi soir.
Aval du Hezbollah
Samedi, le gouvernement libanais de Fouad Siniora, qui comprend deux représentants du Hezbollah dans ses rangs, a entériné à l'unanimité la résolution 1701 du Conseil de sécurité, appelant à la fin des hostilités avec Israël malgré des «réserves». Une nouvelle réunion du gouvernement est prévue dimanche pour parler de la mise en œuvre de la résolution. Ces «réserves», adoptées elles aussi à l'unanimité, portent sur l'absence de condamnation, dans la résolution, de «l'envergure des agressions israéliennes», sur le manque de clarté du texte sur le devenir des fermes de Chebaa et sur le sort des prisonniers libanais détenus en Israël, selon le ministre libanais des Finances, Jihad Qazaour.
Dimanche, ce sera au tour d'Ehoud Olmert de demander aux membres du gouvernement israélien d'accepter officiellement ce texte.
De son côté, le chef du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah, a fait savoir que ses hommes respecteraient la résolution demandant une «cessation totale des hostilités», une fois que le calendrier de la trêve aura été accepté et que les forces israéliennes le respecteront.
Quid du retrait de l’armée israélienne ?
L'Etat hébreu a, de son côté, dit qu'il arrêterait son offensive au Liban à partir de lundi, prévenant toutefois que l’armée continuerait de se battre contre les miliciens chiites présents dans les secteurs où elle opère. Néanmoins, une certaine confusion demeure et impose de tempérer tout optimisme. Selon l'entourage d'Ehoud Olmert, cité par le site internet YNet, l'armée israélienne commencera son retrait du Liban-Sud d'ici une semaine ou deux, après l'arrivée des premiers contingents de la force internationale de l'Onu prévue par la résolution 1701 et de l'armée libanaise.
Le chef d'état-major de l’armée israélienne, le général d'aviation Dan Haloutz, a révélé que le contingent militaire israélien déployé au Liban avait triplé depuis jeudi, pour atteindre quelque 30.000 hommes, dans le pays du Cèdre. Une information confirmée depuis par la radio militaire. Quant au chef du commandement Nord, le général Uri Adam, il a indiqué que l'avant-garde de ses unités avait atteint le fleuve Litani.
Le Figaro